10 septembre 2008

LA PRESSE EN PARLE

ELLE (Coup de Cœur de la semaine)

 

Pour percevoir toute la beauté de ce film, il faut y entrer avec humilité et curiosité, comme on décide de faire un long voyage. Confrontés à la maladie, Rudi et Trudi rendent visite à leurs enfants à Berlin. La mort frappant plus tôt que prévu, Rudi, dans un ultime hommage à son épouse, part au Japon, pays qu’elle adorait. « Cherry Blossoms » est une splendide histoire d’amour qu’un dialogue intérieur nourrit avec délicatesse. Etre habité par l’être disparu jusqu’à porter ses vêtements – Rudi déambule dans Tokyo avec la robe de sa femme -, se rendre au Mont Fuji ou apprendre d’une SDF les rudiments du buto … La caméra de l’allemande Doris Dörrie ne tombe jamais dans le pathos. Ses plans fixes de cerisier en fleur composent une merveille digne de Hokusai.

  

EVENE  par Abigaïl Salles-Surinac (Coup de Cœur de la semaine)

« Cherry Blossoms » est une histoire d'une rare subtilité servie par un couple d'acteurs fantastiques. L'image fixe, telle une carte postale, installe une langueur qui sied au film. Elle permet de rentrer doucement dans cette romance magnifique tournée à la manière d'un conte traditionnel japonais d'Ozu. L'acceptation de l'autre, l'amour, le deuil sont autant de thèmes qui font la richesse de 'Cherry Blossoms' parce qu'ils sont traités poétiquement, par touches, comme une peinture d'Hokusai. Dans ce drame familial sur les relations inter et intra-générationnelles - où le conformisme de chacun étouffe les libertés et les envies des autres - la floraison fugace des fleurs de cerisiers évoque l'éphémérité de la vie, de l'amour ainsi que l'épanouissement de l'être. C'est le sens de la quête de Rudi : faire l'apprentissage de l'amour sans en étouffer l'objet. Une passion poignante et légère rythmée par le butoh (danse japonaise) dont le final n'est autre que l'aboutissement évident de sa recherche.

 

STUDIO (3 étoiles)

 

Un succès du à la finesse de son interprète, Elmar Wepper, tout en retenue et en sagesse contrôlée. Une belle réussite.

 

 

LE MASQUE ET LA PLUME & SUD OUEST par Sophie AVON (3 étoiles)

 

« Cherry Blossoms » est une œuvre sur le deuil, bien sûr, mais où l'accomplissement des morts donne aussi aux vivants de quoi être apaisés. Les cerisiers en fleur sont l'occasion d'une fête d'autant plus intense qu'elle ne dure pas. [Ce symbole est] le centre rayonnant de ce récit qui transcende la fugacité du bonheur en éternité.

 

 

LA CROIX par Bruno Bouvet (Coup de Cœur de la semaine)

En une métaphore subtile et poétique, Doris Dörrie accompagne jusqu’au Japon la métamorphose d'un terne employé de bureau, devenu subitement veuf

Voici un film qui vous cueille doucement, presque par surprise, et vous entraîne sur le chemin d’une merveilleuse poésie dont la trace s’imprime durablement, aussi fortement que les accents nippons de la bande-son imprègnent l’esprit du spectateur. Qu’il serait dommage que le public français ne cueille pas cette petite merveille de cinéma, précieuse et éphémère comme les fleurs de cerisiers japonais dont elle fait le décor hautement symbolique de sa partie finale.

Venu d’Allemagne, comme son nom ne l’indique pas, Cherry Blossoms (Un rêve japonais ) tisse la métaphore de l’éclosion de la vie, instant de beauté absolue sans cesse menacé par la fragilité même de l’existence. Cette éclosion de la vie, dont ce conte admirablement filmé chante la nécessité, est d’abord une naissance à soi-même, doublement empêchée par la force de la routine et la puissance de l’auto-dénigrement.

La cinéaste allemande s’est nourrie de sa propre expérience

Employé de bureau modèle dans une usine de traitement des déchets, Rudi ne ressent nullement le besoin d’échapper à une vie casanière, rythmée par une chronologie invariable. Pourquoi exaucerait-il le vœu de son épouse, Trudi, qui lui propose de partir en voyage vers la destination de ses rêves, le mont Fuji ?

Le sexagénaire, visage austère et émotion rarement trahie, ne se sait pas atteint d’une maladie incurable. Il ignore tout autant que le médecin a conseillé à sa femme d’agrémenter ses derniers jours par quelques plaisirs dont il n’a ni l’habitude ni le goût. S’il consent à se rendre à Berlin chez ses enfants puis à séjourner au bord de la mer Baltique, il ne change en rien son comportement de mari mutique et de père avare de sentiments. Jusqu’à ce triste matin où il découvre son épouse morte dans son lit…

Pour illustrer la réaction de Rudi, en forme de réflexe vital, la cinéaste allemande s’est nourrie de sa propre expérience. « Après la mort de mon mari qui était le chef opérateur de mes films, j’étais certaine de n’être plus capable de réaliser. C’est un ami qui m’a persuadée d’essayer de nouveau. Il m’a suggéré de partir de chez moi chaque jour avec un petit appareil photo-vidéo et tout simplement d’observer. C’est ainsi, sans même le préparer, que j’ai réalisé le documentaire L’Instant ».

Dimension surréaliste

Elle adopte le même principe de légèreté et d’improvisation dans la réalisation de Cherry Blossoms, son troisième film, présenté en compétition officielle au dernier festival de Berlin. La caméra accompagne l’étonnant périple de Rudi, au plus près de ses réactions et de sa lente métamorphose.

Qui aurait pu croire que cet homme rustique se mettrait en route pour le Japon, dûment muni de spécialités gastronomiques pour son fils qu’il est venu visiter ? Le jeune homme n’est pas plus prêt que son père à changer ses habitudes, prisonnier du tourbillon de travail qui l’enferme dans les tours de Tokyo. Il n’a pas de temps pour lui mais il tente maladroitement de dissuader Rudi de s’aventurer dans la ville labyrinthe.

Ce qu’il n’a pas vu, c’est que Rudi s’est mis en marche. Vers cette épouse à laquelle il n’a jamais su dire son profond amour. Dans un jardin public, il rencontre celle qui lui permettra d’entrer en relation avec la défunte : une danseuse de butô, qui l’initie à cette discipline, entre théâtre et métaphysique.

La remarquable interprétation d’Elmar Wepper ouvre son personnage à une incroyable dimension surréaliste. Au pied du mont Fuji, il entre en communion, par le corps et l’esprit, avec cette épouse tant aimée…

 

VERSION FEMINA (3 étoiles)

 

L'émotion est à son comble face à ce drame intimiste (...) Un film d'une grande sensibilité.

 

 

MONSIEUR CINEMA par Hugo de Saint Phalle (4 étoiles)

 

En plus d'être tendre et humain, ce drame ne manque pas d'humour. Le personnage du père provoque à ce titre de jolis sourires, tant dans sa rigidité apparente que dans son côté délicieusement désuet. L'occasion de saluer l'impeccable direction d'acteurs et la prestation collective des comédiens, remarquable de justesse.

 

 

COMMEAUCINEMA par Bertrand Enjalbal (3 étoiles)

 

Rien n’est superflu, les plans anodins permettent souvent de traduire l’atmosphère des lieux (comme ce chat nonchalant dans une cour de ferme bavaroise) ou toute la gravité de rencontres plus fugaces. C’est parfois éclatant comme un tableau d’Hokusai. C’est assurément du beau cinéma.

 

 

LE MONDE par JLD (2 étoiles)

La cinéaste allemande rend hommage à Ozu. Un sentimentalisme touchant.

 

 

GAZETTE DES CINEMAS UTOPIA (4 étoiles)

 

"Le cinéma allemand, on le dirait en état de grâce ces derniers temps. Un ton, un regard, une justesse… une véritable renaissance après des années de morosité cinématographique. Cherry blossoms est un peu de la veine du Bonheur d’Emma, qui a fait le nôtre l’an dernier. Douce, poétique et indéniablement gonflée, cette jolie fable distille tout en douceur une émotion sincère, en même temps qu’elle pose quelques petites questions fondamentales : Qui est cette personne avec qui on partage tout depuis des années et que l’on prétend connaître ? Et si on regardait l’autre avec d’autres yeux que les siens ? Comment se fait-il qu’on s’éloigne, qu’on se détache de ses proches qu’on croit aimer ? Dans une des scènes les plus touchantes du film, Doris Dörrie réussit même à faire un lien entre la danse traditionnelle japonaise et la cuisine allemande. Et ça, il fallait le faire !"

 

 

PARIS, 5 sept 2008 (AFP) - 05/09/2008 08h39

Chaleureusement accueilli à la dernière Berlinale, "Cherry Blossom, un rêve japonais" de l'Allemande Doris Dörrie, qui sort mercredi en France, évoque l'introspection d'un homme âgé, submergé de douleur après la mort subite de sa femme.

Rudi, Bavarois ennuyeux au seuil de la retraite, est atteint d'un cancer en phase terminale mais l'ignore. Sa femme Trudi, anéantie par la nouvelle, décide de profiter des derniers instants communs du couple: elle emmène son mari voir deux de leurs enfants à Berlin. Le troisième est à Tokyo. Rudi ira lui rendre visite seul, après le décès de sa femme.

Car le film, centré sur une famille où parents et enfants ne communiquent plus, bascule à mi-chemin: c'est Trudi (diminutif de Gertrude) qui s'en va contre toute attente la première, dans son sommeil.

Désemparé, le mari qui "n'aime pas l'aventure" entreprend néanmoins le voyage au Japon dont rêvait son épouse, passionnée de danse japonaise Butô. Un saut dans l'inconnu, où il comprend enfin qui était sa femme et se découvre lui-même.

Servi par une superbe interprétation, avec le duo Elmar Wepper/Hannelore Elsner, cette histoire d'amour poignante aborde avec poésie la question du deuil et du rapport à l'autre.

Trudi se rêvait danseuse de Butô japonais. Elle était femme au foyer d'un fonctionnaire spécialiste du retraitement des déchets.

Rudi comprend tardivement être passée à côté d'elle et de ses passions. "Il sort de sa sclérose une fois au Japon", a relevé Elmar Wepper, bouleversant dans le rôle, lors d'une conférence de presse à Berlin.

Auteur de best-sellers, Doris Dörrie a déjà réalisé quelques films remarqués dont "Les hommes" (1985), énorme succès en Allemagne où il a eu plus de 5 millions de spectateurs, mais aussi à l'international.

"Cherry Blossoms n'est pas une catharsis", a assuré la réalisatrice de 52 ans dont le mari est mort il y a dix ans d'un cancer foudroyant. "Mais je pense qu'on ne peut pas bien parler des sentiments qu'on ne connaît pas".

Le film met à nu un vieil homme seul, qui finit par revêtir les vêtements de sa femme et dormir la nuit avec son kimono à ses côtés pour recréer sa présence. Il ira voir le mont Fuji même si c'est juste "une montagne comme celles de Bavière", parce qu'elle en rêvait. Et humer l'air des cerisiers en fleurs à Tokyo, toujours parce qu'elle en rêvait.

"Les fleurs de cerisiers sont une métaphore de l'éphémère. Elles arrivent d'un coup et repartent presqu'aussitôt", a déclaré Doris Dörrie. "Comme le passage de la vie à la mort".

 

 

 

Commentaires

je n'ai pas pu voir ce film en salle et j'aimerais savoir si il va sortir en DVD. Si oui j'aimerais en être informée.
Merci et bonne année

Ecrit par : therese jouglet | 27 décembre 2008

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